J’adore Internet. Tout s’y trouve. Quoi que vous cherchiez de moche, c’est le seul endroit au monde où vous êtes certain de le trouver. Le Net doit ressembler à l’inconscient des sociétés occidentales.
L’amour n’est qu’une variante du chantage.
Qu’est ce que c’est beau chez les bourgeois. Ils seraient moins cons, ça donnerait presque envie d’en faire partie.
En fait, ce sont souvent les événements qui décident pour nous. D’où la nécessité de calculer. D’anticiper.
Le métier de braqueur ressemble beaucoup à celui d’acteur de cinéma, on passe son temps à attendre et ensuite on fait sa journée en quelques minutes.
La rencontre imprévue qui va faire basculer votre vie, la plaque de verglas sournoise, la réponse que vous donnez sans réfléchir. .. Les choses définitives ne mettent pas un dixième de seconde à se produire.
Après les séismes, sur les gravats des maisons dévastées, on voit cela parfois, un berceau de bébé, une poupée, une couronne de mariée, de petits objets que Dieu semble avoir déposés là avec délicatesse pour montrer qu’avec Lui, tout doit se comprendre au second degré.
Les catastrophes tuent tout le monde, les épidémies déciment les enfants et les vieillards, il n’y a que les guerres pour massacrer les jeunes gens en si grand nombre.
Le véritable danger pour le militaire, ce n’est pas l’ennemi, mais la hiérarchie.
Elle les avait démasqués de loin, les petits ambitieux qui la trouvait banale vue de face, mais très jolie vue de dot.
A la guerre, on veut des morts franches, héroïques et définitives, c’est pour cette raison que les blessés, on les supporte, mais qu’au fond, on ne les aime pas.
Quand l’armistice devint enfin une perspective raisonnable, l’espoir d’en sortir vivant commença à tarauder les plus pessimistes.
Malgré son agacement, M. Péricourt avait vis à vis de Labourdin des bontés d’agriculteur. Expliquez-moi ça, lui disait-il parfois avec cette patience qu’on ne prodigue qu’aux vaches et aux imbéciles.
Un militaire, vous lui retirez la guerre qui lui donnait une raison de vivre et une vitalité de jeune homme,vous obtenez un croûton hors d’âge.
Encore, il en avait de reste et le monde des affaires lui avait appris combien la rancune est mauvaise conseillère.
Albert gesticule en tous sens. Ses poumons se remplissent de moins en moins, ça siffle quand il force. Il se met à tousser, il serre le ventre. Plus d’air.
Il n’était pas difficile de voir que le capitaine soignait ses relations et qu’il avait plus d’avantages à rendre service à la demoiselle qu’à livrer la vérité qu’il connaissait parfaitement.
Selon Édouard, toute la question était de savoir si Albert finirait par accepter dans un délai raisonnable parce que les très bonnes idées sont des denrées périssables
Elle sort son livre et demande une fourchette supplémentaire pour tenir les pages ouvertes pendant qu’elle dîne.
Décidément, pensa Henri, à part me prêter sa femme, cet imbécile ne me sert strictement à rien.
C’était un homme assez vieux avec une tête très petite et un grand corps qui avait l’air vide, comme une carcasse de volaille après le repas.
Il est quasiment impossible d’échapper au flot continu des séries, des clips, des jeux, ça vous martèle le crâne, ça vous suit partout, la télé finit par faire partie de vos fibres.
On en revient toujours là. L’argent. Même les plus industrieux ne peuvent se contenter de leur énergie.
J’ai fait l’embarrassé. Un silence s’est installé. Dans ces cas-là, pour faire diversion, elle parle de son travail, comme tous ceux qui n’ont rien à dire.
Le marketing consiste à vendre des choses à des gens qui n’en veulent pas, le management à maintenir opérationnels des cadres qui n’en peuvent plus.
Il promenait un chien, une chose assise à ses pieds que Dieu a dû bricoler un jour d’intense fatigue. Camille et le chien se regardent et se détestent immédiatement.
Ils se sont dit des tonnes de choses dans ce silence, mais ça ne valait quand même pas des mots.
Il y a une phrase de Barbey d’Aurevilly (1808-1889), qui dit citer Mahomet, que j’aime beaucoup : J’ai aimé des femmes plus jeunes et plus belles mais personne comme elle car elle croyait en moi alors que personne n’y croyait. Je ne pourrais pas le dire mieux.