AccueilAuteurs › René Barjavel

René Barjavel

29 citations et aphorismes

Il ne suffit pas d’être en vie, il faut être vivant. C’est à dire savoir à chaque instant qu’on est au coeur d’un prodige et être en contact, en harmonie avec lui.

C’était une odeur de monde qui naît ou qui meurt, une odeur d’étoile.

Elle avait connu quelques hommes, et vécu plus ou moins longtemps avec deux ou trois. Fugitifs ou temporaires, ils n’étaient pas particulièrement bêtes ni égoïstes, seulement comme tout le monde. Ils avaient passé ou vécu près d’elle sans être avec elle, l’avaient regardée san…

J’aurais pu crier la vérité, crier le nom de Païkan, tu aurais su avant de mourir qu’il était près de toi, que vous mouriez ensemble comme tu l’avais souhaité. Mais quels regrets atroces, alors que vous pouviez vivre.

Eût-elle vécu milles années, elle n’avait plus rien de semblable à connaître.

Elle va mourir parce que nous ne la comprenons pas. Elle meurt de faim, et nous la laissons mourir parce que nous ne la comprenons pas quand elle nous dit avec quoi nous pourrions la nourrir.

— C’est diabolique, murmura Hono. — Laissez donc le diable tranquille, dit M. Gé, l’homme suffit…

Il possédait des pouvoirs, et ne les utilisait que pour le bien, ou ce qu’il croyait être le bien, mais parfois il commettait une erreur, car s’il n’était pas un humain ordinaire, il était humain cependant.

Chacun fait le contraire de ce qu’il devrait faire pour être heureux, puis il accuse les autres de son malheur.

Ils montaient dans la nuit et la paix, vers le ciel étoilé, ils oubliaient la Terre et ses horreurs absurdes. Ils étaient ensemble, ils étaient bien, chaque instant de bonheur était une éternité.

Ses paupières sont gonflées, le blanc de ses yeux est strié de rouge. Il ne peut plus dormir, il ne peut plus pleurer, il ne peut pas oublier, c’est impossible…

Vivre les malheur à l’avance, c’est les subir deux fois.

Les années de l’enfance sont immenses. Chacune est gonflée de temps comme une vie entière.

Comment auraient-ils pu savoir qu’ils commettaient une erreur tragique, que s’ils avaient choisi, au contraire, de commencer par l’homme tout aurait été différent ?

A la fin du voyage j’arrive devant ma maison. La neige innombrable tombe doucement sur la plaine, et le ciel est noir. Ma maison seule au milieu de la plaine, est le vrai refuge, tiède et couvé de silence.

On ne saura plus rien, à l’époque où on croira tout savoir.

La mer, quand elle vous en veut, elle sait bien vous trouver, même si vous êtes pas embarqué

– Tes devins sont des ânes, dit Merlin. Mais ce n’est pas leur faute s’ils se sont trompés, un âne ne sait que braire.

L’acharnement du malheur eut raison de l’acharnement du courage.

Il n’y aurait pas entre eux de lassitude, ni de ces habitudes dont le poids peu à peu accumulé fait sombrer l’exceptionnel dans le banal, et l’asphyxie.

Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n’a jamais guéri. Nous ne savons plus qui est celui qui nous manque et que nous attendons sans cesse, mais nous savons bien qu’il y a une place vide dans notre cœur.

Pour les hommes du monde, le lendemain est un jour d’espoir et de crainte : demain, je n’aurais plus mal, demain il faudra payer, demain le soleil peut-être, ou demain l’hiver… Pour les habitants de l’Ile la crainte a disparu. Demain personne ne manquera de rien, personne n’au…

Quoi, vous ne l’avez pas reconnu, vous une femme ? C’est de l’or

Vivre les malheurs d’avance, c’est les subir deux fois. Le moment présent était un moment de joie, il ne fallait pas l’empoisonner.

Une seule chose compte, une seule chose est belle: l’effort.

La nuit tombe sur le village. Derrière le forgeron debout, la machine rougeoie et halète. Elle est bâtie d’énormes poutres de bois, d’une grande chaudière de cuivre, et de roues et de pistons et d’autres organes de bronze.

Oublie tout ce qu’ils t’ont appris commence par rêver.

L’essentiel est de lire beaucoup. N’importe quoi. Ce qu’on a envie de lire. Le tri se fait après.

Ma bien-aimée, mon abandonnée, ma perdue, je t’ai laissée là-bas au fond du monde, j’ai regagné ma chambre d’homme de la ville avec ses meubles familiers