« Parce que la vie est comme une énergie, un flux, ou un rayonnement, on sent d’autant plus ce qu’on en a reçu qu’on se sent le communiquer davantage. Aussi ne peut-on qu’éprouver toute impossibilité de s’exprimer ou de se communiquer comme une solitude, et la solitude comme une assignation à vivre avec la mort. »
Nous faisons d’autant plus l’expérience du temps que nous faisons moins celle du mouvement et du changement.
L’humanité qui est donnée à tous en naissant n’est en fait que la liberté donnée à chacun de définir la sienne. Aussi naissons-nous presque tous semblables et, sur le point de mourir, nous étonnons-nous d’en avoir rencontré si peu.
La vie, comme la conscience, est retirée et comme enfermée dans l’unité d’un individu d’où elle tend cependant à se diffuser et à se communiquer, comme si elle rayonnait.
Il n’est de conscience que séparée et il n’est pour la conscience séparation que du temps.
Nous voulons être reconnus à la fois comme identiques et comme différents. Identiques, pour n’avoir pas honte de notre différence. Différents, pour tirer quelque fierté de notre distinction.
Au plus intérieur, au plus secret de nous-mêmes, l’avenir est un vide que nous nous efforçons en vain de remplir à chaque instant. Car vivre c’est attendre.