« [Zénon, nu sur la plage, se décide finalement à ne pas tenter la traversée vers l’Angleterre] Il remit sans plaisir sa carapace humaine. Un reste de pain d’hier et sa gourde à demi pleine de l’eau d’une citerne lui rappelèrent que sa route jusqu’au bout serait parmi les hommes. Il fallait se garer d’eux, mais aussi continuer à en recevoir des services et à leur en rendre. »
Je me suis toujours beaucoup méfiée de l’actualité, en littérature, en art, dans la vie. Du moins, de ce que l’on considère comme l’actualité, et qui n’est souvent que la couche la plus superficielle des choses.
Quand on parle de l’amour du passé, il faut faire attention, c’est de l’amour de la vie qu’il s’agit ; la vie est beaucoup plus au passé qu’au présent. Le présent est un moment toujours court et cela même lorsque sa plénitude le fait paraître éternel.
Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine. Ce qui ne veut pas dire que le passé est un âge d’or : tout comme le présent, il est à la fois atroce, superbe, ou brutal, ou seulement quelconque.
Tout ce qui est provoqué et voulu est en partie faux.
Je pense souvent à la belle inscription que Plotine avait fait placer sur le seuil de la bibliothèque établie par ses soins en plein Forum de Trajan : Hôpital de l’âme.
J’ai toujours été l’ami des astronomes et le client des astrologues. La science de ces derniers est incertaine, fausse dans le détail, peut-être vraie dans l’ensemble : puisque l’homme, parcelle de l’univers, est régi par les mêmes lois qui président au ciel, il n’est pas absu…