Emile Goudeau : Oeuvre inconnue

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Quand je reposerai dans la fosse, tranquille,

Ayant autour de moi l’ombre éternellement;

Quand mes membres auront perdu le mouvement

Et mes orbites creux le regard qui scintille;

Cet être qui fut moi, ce pauvre rien fragile,

Oublié dormira – pour jamais ossement –

Et, loin du ciel voilé, silencieusement,

Rien ne remuera plus sous la couche d’argile.

Mais vous serez toujours, éternelle beauté,

Hors du trépas commun, de la caducité:

Votre corps ne peut pas mourir, étant mon âme!

Aussi, lorsqu’un beau soir d’amour, sur mon tombeau

Longuement passera l’ombre de cette femme,

Tu te réveilleras, squelette amant du Beau!

Emile Goudeau : Oeuvre inconnue

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