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André Gide

66 citations et aphorismes

C’est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée.

Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis. Sans eux, c’en est fait de notre civilisation, de notre culture, de ce que nous aimions et qui donnait à notre présence sur terre une justification secrète. Ils sont, ces insoumis, le sel de la terre et les respon…

Le nombre de bêtises qu’une personne intelligente peut dire dans une journée n’est pas croyable. Et j’en dirais sans doute autant que les autres, si je ne me taisais plus souvent.

Quel petit nombre d’heures, d’instants, chaque jour, sont vraiment occupés à vivre ! Pour quelques triomphantes oasis, quels immenses déserts à traverser !

Il est certaine façon d’adorer Dieu qui me fait l’effet d’un blasphème. Il est certaine façon de nier Dieu qui rejoint l’adoration.

Si vous étiez aveugle, vous n’auriez point de péché. Mais à présent, j’y vois…

Si ce que tu manges ne te grise pas, c’est que tu n’avais pas assez faim.

Il n’est pas de vertus humaines que je prise autant ou aussi peu, suivant les cas, que le courage.

On ne peut à la fois être sincère et le paraître.

Je n’écris plus une phrase affirmative sans être tenté d’y ajouter: «peut-être».

Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à sa tristesse.

Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire.

Quand je cesserai de m’indigner, j’aurai commencé ma vieillesse.

Tant de fois j’ai senti la nature réclamer de moi un geste, et je n’ai pas su lequel lui donner.

Supprimer en soi l’idée de mérite. C’est un grand achoppement pour l’esprit.

La pensée de la mort me poursuit avec une obstination singulière. À chaque geste que je fais, je calcule: combien de fois déjà ? Je suppute: combien de fois encore ? et je sens, plein de désespoir, se précipiter la révolution de l’année. C’est aussi qu’à mesurer qu’autour de m…

La foi soulève des montagnes, oui : des montagnes d’absurdité. André Gide.

Le joie est plus rare, plus difficile et plus belle que la tristesse…plus qu’un besoin naturel, elle devient pour moi une obligation morale

Quiconque aime vraiment renonce à la sincérité.

Efforcez vous d’entrer par la porte étroite car la porte large et le chemin spacieux mènent à la perdition et nombreux sont ceux qui y passent mais étroite est la porte et resserrée la voie qui conduisent à la Vie,et il en est peu qui les trouvent.

Combien de gens meurent dans les accidents, pour ne pas lâcher leur parapluie.

Je n’aime pas regarder en arrière, et j’abandonne au loin mon passé comme l’oiseau, pour s’envoler, quitte son ombre.

Toute joie nous attend toujours, mais veut trouver la couche vide, être la seule, et qu’on arrive à elle comme un veuf.

Toute joie est pareille à cette manne du désert qui se corrompt d’un jour à l’autre ; elle est pareille à l’eau de la source Amélès qui, raconte Platon, ne se pouvait garder dans aucun vase. Que chaque instant emporte tout ce qu’il avait apporté.

J’ai horreur de la sympathie ; toutes les contagions s’y cachent ; on ne devrait sympathiser qu’avec les forts.

J’en venais à ne plus goûter en autrui que les manifestations les plus sauvages, à déplorer qu’une contrainte quelconque les réprimât. Pour un peu je n’eusse vu dans l’honnêteté que restrictions, conventions ou peur.

Savez-vous ce qui fait de la poésie aujourd’hui et de la philosophie surtout, lettres mortes ? C’est qu’elles se sont séparées de la vie. La Grèce, elle, idéalisait à même la vie ; de sorte que la vie de l’artiste était elle-même déjà une réalisation poétique ; la vie du philo…

J’ai horreur du repos ; la possession y encourage et dans la sécurité l’on s’endort ; j’aime assez vivre pour prétendre vivre éveillé, et maintiens donc, au sein de mes richesses mêmes, ce sentiment d’état précaire par quoi j’exaspère, ou du moins j’exalte ma vie.

Rien de plus tragique, pour qui crut mourir, qu’une lente convalescence. Après que l’aile de la mort a touché, ce qui paraissait important ne l’est plus ; d’autres choses le sont, qui ne paraissaient pas importantes, ou qu’on ne savait même pas exister.

C’est à soi même que chacun prétend le moins ressembler. Chacun se propose un patron, puis l’imite ; même il ne choisit pas le patron qu’il imite ; il accepte un patron tout choisi. Il y a pourtant, je le crois, d’autres choses à lire, dans l’homme. On n’ose pas. On n’ose pas …