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Gustave Le Bon

31 citations et aphorismes

Esprit

L'enfant venant a la lumiere est deja tres vieux, puisqu'il represente la synthese d'un immense passe. Son ame individuelle se trouve constituee par une accumulation de residus d'ames ancestrales.

Religion

La nourriture intellectuelle donnee par l'instruction est comparable a la nourriture materielle. Ce n'est pas ce qu'on mange qui nourrit, mais seulement ce qu'on digere.

Religion

Il est dangereux pour un peuple de compter dans son sein trop de vanites individuelles et pas assez d'orgueils collectifs.

La plupart des hommes sont incapables de se former une opinion personnelle mais le groupe social auquel ils appartiennent leur en fournit de toutes faites.

La morale s’apprend seulement par la pratique. Elle fait partie, comme les arts, de ces connaissances que ne sauraient enseigner les livres.

Les hommes de pensée préparent les hommes d’action, ils ne les remplacent pas.

La nature impose toujours aux êtres cet impérieux dilemme : s’adapter ou disparaître.

Se révolter ou s’adapter, il n’y a guère d’autre choix dans la vie.

L’enfance d’une espèce, d’un individu ou d’un peuple se caractérise par une plasticité excessive lui permettant de s’adapter à toutes les variations de milieu. Sa vieillesse s’accompagne au contraire d’une rigidité empêchant l’adaptation.

Les livres d’histoire révèlent surtout les croyances de leurs auteurs.

L’esprit nouveau se révèle surtout comme un état de mécontentement général accompagné d’un besoin de changements.

La patrie n’est pas constituée seulement par le sol où nous vivons, mais aussi par les ombres des aïeux qui continuent à vivre en nous et contribuent à élaborer notre destinée.

L’altruisme profond, l’altruisme dans les actes et non dans les mots, est une vertu collective. Toute œuvre d’intérêt général demandant pour son accomplissement un minimum d’égoïsme et un maximum de dévouement aveugle, d’abnégation et de sacrifice, ne peut guère être accomplie…

En politique, l’autorité est précieuse, mais il suffit parfois de faire croire qu’on la possède.

Quelques années suffisent pour instruire un barbare. Il faut parfois des siècles pour l’éduquer.

Une civilisation avancée contient des résidus de toutes les étapes successivement franchies. L’homme des cavernes et les barbares du temps d’Attila y ont des représentants.

La plupart des chagrins et des joies de l’existence résultent de ce que nous attachons aux choses une importance disproportionnée à leur valeur.

La chance n’est pas, comme le disaient les anciens à propos de la fortune, une déesse aveugle. Elle accorde volontiers à l’optimiste les faveurs refusées au pessimiste.

L’état actuel du monde est le résultat de son état passé, comme la fleur est le résultat de l’évolution de la graine ; et c’est en vain qu’en examinant seulement la fleur et la graine on chercherait à connaître la série des changements qui permettront à l’une de revêtir un jou…

Pas de progrès sans concurrence, et par conséquent sans luttes industrielles.

La triste condition de l’individu condamné dans une usine à un abrutissant travail engendre forcément dans son âme la haine de l’ordre social. L’usine a fait de l’ouvrier moderne un nomade sans patrie que rien n’attache au sol qui l’a vu naître ou aux institutions qui l’entour…

Ce ne sont pas les hommes qui font les évènements, mais les évènements qui font au contraire les hommes.

C’est s’illusionner sur les hommes d’État que s’imaginer qu’ils apporteront dans leurs actes l’énergie manifestée dans leurs discours.

Dès qu’elles atteignent un certain degré, les croyances mystiques, religieuses ou politiques, deviennent fatalement destructives.

Dès qu’on possède la force, on cesse d’invoquer la justice.

L’unanimité de nombreux témoins est une des plus mauvaises preuves que l’on puisse invoquer pour établir un fait.

Nos vertus resteraient parfois bien incertaines si, à défaut de l’espoir d’une récompense, elles n’avaient la vanité pour soutien.

Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule vers l’élite.

Le matérialisme a prétendu se substituer aux religions, mais aujourd’hui la matière est devenue aussi mystérieuse que les dieux qu’elle devait remplacer.

On ne peut opposer le droit à la force, car la force et le droit sont des identités. Le droit est de la force qui dure.