Aimer sans espoir, être dégoûté de la vie, constituent aujourd'hui des positions sociales.
Si les principes de la nature se plient aux formes voulues par les climats, pourquoi n'en serait-il pas ainsi des sentiments chez les individus? Sans doute, les sentiments qui tiennent à la loi générale par la masse ne contrastent que dans l'expression seulement. Chaque âme a …
L'on reproche sévèrement à la vertu ses défauts, tandis qu'on est plein d'indulgence pour les qualités du vice.
Personne à Paris ne se figure que rien est rien.
L'amour comporte un choix fait à tout moment, confirmé de jour en jour. Le lendemain approuve la veille et grossit le trésor de nos plaisirs.
Le langage, dans la magnificence de ses phases, n'a rien d'aussi varié, d'aussi éloquent, que la correspondance des regards et l'harmonie des sourires.
Les historiens sont des menteurs privilégiés qui prétent leur plume aux croyances populaires, absolument comme la plupart des journaux d'aujourd'hui n'expriment que les opinions de leurs lecteurs.
Rien ne peut se faire simplement chez les gens qui montent d'un étage social à l'autre.
La vertu des femmes est peut-étre une question de tempérament.
L'amour s'effraye ou s'égaye de tout; pour lui tout a un sens; tout lui est présage heureux ou funeste.
En toute chose l'on ne reçoit qu'en raison de ce que l'on donne.
L'amour n'est peut-être que la reconnaissance du plaisir.
L'amour parlé ne vaut pas l'amour prouvé; toutes les jeunes filles de vingt ans en ont cinquante pour pratiquer cet axiome. Là est le grand argument des séducteurs.
Avez-vous remarqué comme dans l'enfance, où dans les commencements de la vie sociale, nous nous créons de nos propres mains un modèle, à notre insu souvent? Ainsi le commis d'une maison de banque rêve, en entrant dans le salon de son patron, de posséder un salon pareil. S'il f…
Aller au-devant de son aimé est une faute que peu d'hommes savent pardonner. La plupart d'entre eux voient une dégradation dans cette céleste flatterie.
Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices, oublier à la manière de la nature, qui ne connaît point de passé, qui recommence à toute heure les mystères de ses infatigables enfantements.
Combien de contes des Mille et une Nuits tient-il dans une adolescence ?
La pudeur est une vertu relative : il y a celle de vingt ans, celle de trente ans, celle de quarante-cinq ans.
Toutes les singeries de sensibilité qu'une femme fait abusent toujours un amant; et là où un mari hausse nécessairement les épaules, un amant est en extase.
La première impression qui détermine les débordements d'une sensibilité longtemps contenue est suivie chez tous les jeunes gens de l'étonnement à demi stupide que causent aux enfants les premières sonneries de la musique. Parmi les enfants, les uns rient et pensent, d'autres n…
L'homme a l'horreur de la solitude, et de toutes les solitudes, la solitude morale est celle qui l'épouvante le plus. Les premiers anachorètes vivaient avec Dieu; ils habitaient le monde le plus peuplé, le monde spirituel
Les jeunes gens amoureux sont comme les affamés; les préparatifs du cuisinier ne les rassasient pas: ils pensent trop au dénoûment pour comprendre les moyens.
La femme n'est égale à l'homme qu'en faisant de sa vie une continuelle offrande, comme celle de l'homme est une perpétuelle action.
Les femmes seules savent combien le respect que leur porte un maître engendre de séductions.
Ce qui touche le plus les femmes, n'est-ce pas de rencontrer en nous des délicatesses gracieuses, des sentiments exquis autant que le sont les leurs; car chez elles la grâce et la délicatesse sont les indices du vrai.
L'estime, fond nécessaire à nos sentiments, est là solide étoffe qui leur donne je ne sais quelle certitude, quelle sécurité, dont on vit.
Une âme divine s'exhale par tous les mouvements. L'innocence a toujours un beau sommeil.
Lorsque nous ne croyons pas avoir le droit d'exprimer le bonheur causé par la présence de l'être aimé , nous déversons les sensations dont surabonde notre cœur dans les objets extérieurs, que nos sentiments cachés embellissent.
Le premier mouvement est la voix de la nature, et le second est celle de la société.
Le Nouvel Art d'aimer consomme énormément de paroles évangéliques à l'œuvre du diable. La passion est un martyre. On aspire à l'idéal, à l'infini; de part et d'autre l'on veut devenir meilleurs par l'amour. Toutes ces belles phrases sont un prétexte à mettre encore plus d'arde…