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Jules Renard

135 citations et aphorismes

Ne peut-on pas dîner chez les gens et ne leur trouver aucun talent ?

Il faudrait qu’on pût me relire avant de me lire : on m’aimerait bien mieux.

Mon ami ne me sert qu’à embêter ceux de mes ennemis qui sont ses amis.

Pour vivre tous les jours avec les mêmes personnes, il faut garder avec elles l’attitude qu’on aurait si on ne les voyait que tous les trois mois.

L’envie, le sentiment le plus fortifiant et le plus pur.

Avec de la prudence, on peut faire toute espèce d’imprudences.

Les paysannes sont comme les fleurs des champs : sous le nez, ça ne sent rien, ou ça sent mauvais.

Regarder l’horizon, c’est regarder loin, mais c’est aussi regarder quelque chose de faux.

La joie d’avoir travaillé est mauvaise : elle empêche de continuer.

Il n’y a que le temps qui ne perde pas son temps.

La critique est aisée et le critique dans l’aisance.

Les gens sont étonnant: ils veulent qu’on s’intéresse à eux.

Scrupule. Poids léger qui suffit à faire pencher une balance.

La patrie, c’est toutes les promenades qu’on peut faire à pied autour de son village.

Une feuille tombe, et c’est un grand désastre : elle couvrait un nid.

Le néant ne rend rien. Il faut être un grand poète pour le faire sonner.

Heureux les cochons qui occupent toute leur tête à manger, et ne parlent qu’avec la queue !

Le droit d’un critique est de renier ses articles l’un après l’autre, et son devoir est de n’avoir aucune espèce de conviction.

L’homme vraiment libre est celui qui sait refuser une invitation à dîner, sans donner de prétexte.

Je ne lis rien de peur de trouver des choses bien.

L’arbre. Son ombre lui fait une queue de paon qui ouvre et ferme ses yeux de soleil, selon que le vent agite leurs paupières, les feuilles.

Le glas, un son pour chaque oreille de morts.

Quarante-quatre ans, c’est l’âge où l’on commence à ne plus pouvoir espérer vivre le double.

En littérature comme au billard, faire la série.

Quand un homme dit : Je suis heureux, il veut dire bonnement : J’ai des ennuis qui ne m’atteignent pas.

Une seule expérience se fortifie en moi : tout dépend du travail. On lui doit tout, et c’est le grand régulateur de la vie.

Ce n’est point parce qu’il y a une rose sur le rosier que l’oiseau s’y pose : c’est parce qu’il y a des pucerons.

Une femme a l’importance d’un nid entre deux branches.

Le sourire est le commencement de la grimace.

Il faut céder parce qu’on est le plus jeune. C’est comme quand on est l’aîné…