Toute philosophie pourrait se reduire a rechercher laborieusement cela meme que l'on sait naturellement.
ReligionL'incredule intelligent tient necessairement le pretre pour une enigme, pour un monstre, mi-homme, mi-ange, dont il s'etonne, dont il sourit, dont il s'inquiete assez souvent. Il se demande: Comment peut-on etre pretre?
ReligionLa jeunesse est une maniere de se tromper qui se change assez vite en une maniere de ne plus meme pouvoir se tromper.
ReligionRien de plus dangereux que l'homme qui agit bien et pense mal. Le contraire ou le symetrique de l'hypocrite est fort redoutable.
Le poème & ;#8722 ; cette hésitation prolongée entre le son et le sens.
Un poète — ne soyez pas choqué de mon propos — n’a pas pour fonction de ressentir l’état poétique : ceci est une affaire privée.
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie.
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs l…
Amour est avant tout de se consumer à essayer de deviner ce qui se pense dans une autre tête. Rien de plus torturant. Car… Tout se passe dans une tête.
Amour, amour ! Je lève un doigt mouillé qui cherche à tous les vents le bon vent de l’amour.
Tu sais bien que tu étais entre la mort et moi. Mais hélas il paraît que j’étais entre la vie et toi.
J’ai cru en Toi, et je te vois sans force contre l’écume des moments. Mon cœur en est désespéré.
L’analyse est parfois un moyen de se dégoûter en détail de ce qui était supportable dans son ensemble.
Une chose que l’on ne connaît que par les journaux et les livres, on peut jurer qu’on ne la connaît pas.
Il faut être léger comme l’oiseau et non comme la plume.
Tendresse est tendance à se livrer en toute faiblesse à la douceur d’être faible. Mais d’où vient ce plaisir ? Cette faiblesse, il est vrai, cet attendrissement – prépare un coup d’extrême force.
Le simple est toujours faux. Ce qui ne l’est pas est inutilisable.
L’éternité occupe ceux qui ont du temps à perdre. Elle est une forme de loisir.
Il faut rappeler aux nations croissantes qu’il n’y a point d’arbre dans la nature qui, placé dans les meilleurs conditions de lumière, de sol et de terrain, puisse grandir et s’élargir indéfiniment.
Si tout le monde a bonne opinion d’une mauvaise affaire, elle est une bonne affaire.
Est prose l’écrit qui a un but exprimable par un autre écrit.
La parole non écrite trouve avant de chercher.
La lecture des histoires et romans sert à tuer le temps de deuxième ou troisième qualité. Le temps de première qualité n’a pas besoin qu’on le tue. C’est lui qui tue tous les livres. Il en engendre quelques-uns.
Il est bien vrai que certains âges de l’homme sont comme des croisements de routes.
Le talent d’un homme est ce qui nous manque pour mépriser ou détruire ce qu’il a fait.
Toute politique se fonde sur l’indifférence de la plupart des intéressés, sans laquelle il n’y a point de politique possible.
L’incohérence d’un discours dépend de celui qui l’écoute. L’esprit me paraît ainsi fait qu’il ne peut être incohérent pour soi-même.
Sans les religions, les sciences n’eussent pas existé, car la tête humaine n’aurait pas été habituée à s’écarter de l’apparence immédiate et constante qui lui définit la réalité.
C’est parfois une épine cachée et insupportable que nous avons dans la chair qui nous rend difficiles et durs avec tout le monde.
On n’est jamais assez content de soi pour se livrer à fond.