Ne permettons pas qu'on nous enleve la part de nature que nous renfermons. N'en perdons pas une etamine, n'en cedons pas un gravier d'eau.
Sur les arêtes de notre amertume, l’aurore de la conscience s’avance et dépose son limon.
Prend-on la vie autrement que par les épines ?.
Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l’amour
Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps.
Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.
Mais qu’est-ce qu’un révolté, Monsieur ? Quand un homme est broyé et qu’il se tait, c’est un individu normal. S’il proteste et réclame son droit, c’est un révolutionnaire !.
S’il n’y avait sur terre que nous, mon amour, nous serions sans complices et sans alliés. Avant-coureurs candides ou survivants hébétés.
C’est le peu qui est réellement tout. Le peu occupe une place immense. Il nous accepte indisponibles.
Obéissez à vos porcs qui existent. Je me soumets à mes Dieux qui n’existent pas.
Les rares moments de liberté sont ceux durant lesquels l’inconscient se fait conscient et le conscient néant (ou verger fou).
Les poèmes sont des bouts d’existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que, ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l’unité.
Résistance n’est qu’espérance. Telle la lune d’Hypnos, pleine cette nuit de tous ses quartiers, demain vision sur le passage des poèmes.
Prenez garde : tous ne sont pas dignes de la confidence.
La ligne de vol du poème. Elle devrait être sensible à chacun.
La dignité d’un homme seul, ça ne s’aperçoit pas. La dignité de mille hommes, ça prend une allure de combat.
L’acte est vierge, même répété.
On tuait de si près que le monde s’est voulu meilleur. Brumaire de mon âme jamais escaladé, qui fait feu dans la bergerie déserte ? Ce n’est plus la volonté elliptique de la scrupuleuse solitude. Aile double des cris d’un million de crimes se levant soudain dans des yeux jadis…
L’éternité n’est guère plus longue que la vie.
Monter, grimper. .. mais se hisser ? Oh ! Combien c’est difficile. Le coup de reins lumineux, la rasante force qui jaillit de son terrier et, malgré la pesanteur, délivre l’allégresse.
Monter, grimper. .. mais se hisser ? Oh ! Combien c’est difficile.
L’hémophilie politique de gens qui se pensent émancipés. Combien sont épris de l’humanité et non de l’homme ! Pour élever la première ils abaissent le second.
Un homme sans défauts est comme une montagne sans crevasses. Il ne m’intéresse pas.
C’est un étrange sentiment que celui de fixer le destin de certains êtres. Sans votre intervention, la médiocre table tournante de la vie n’aurait pas autrement regimbé. Tandis que les voici livrés à la grande conjoncture pathétique…
Un être qu’on ignore est un être infini, susceptible, en intervenant, de changer notre angoisse et notre fardeau en aurore artérielle. Entre innocence et connaissance, amour et néant, le poète étend sa santé chaque jour.
Le poète est l’homme de la stabilité unilatérale.
Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.
Tellement j’ai faim, je dors sous la canicule des preuves.
Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre. J’ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice.
La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tout risquer est heureuse.