Il faut convenir que, pour être heureux en vivant dans le monde, il y a des côtés de son âme qu’il faut entièrement paralyser.
Les favoris, les hommes en place mettent quelquefois de l’intérêt à s’attacher des hommes de mérite, mais ils en exigent un avilissement préliminaire qui repousse loin d’eux tous ceux qui ont quelque pudeur.
Plus un diamant est beau, plus il faut que la monture soit légère. Plus le chaton est riche, moins le diamant est en évidence.
Le tact, c’est le bon goût appliqué au maintien et à la conduite le bon ton, c’est le bon goût appliqué aux discours et à la conversation.
Tout homme qui se connaît des sentiments élevés a le droit, pour se faire traiter comme il convient, de partir de son caractère, plutôt que de sa position.
Quelqu’un disait d’un homme très personnel : il brûlerait votre maison pour se faire cuire deux œufs.
Un homme d’esprit est perdu s’il ne joint pas à l’esprit l’énergie de son caractère. Quand on a la lanterne de Diogène, il faut aussi avoir son bâton.
Vous avez trois sortes d’amis : vos amis qui vous aiment ; vos amis qui ne se soucient pas de vous, et vos amis qui vous haïssent.
La plupart des bienfaiteurs ressemblent à ces généraux maladroits qui prennent la ville et qui laissent la citadelle.
J’ai renoncé à l’amitié de deux hommes, l’un parce qu’il ne m’a jamais parlé de lui, l’autre parce qu’il ne m’a jamais parlé de moi.
M… me dit un jour plaisamment, à propos des femmes et de leurs défaults : « Il faut choisir d’aimer les femmes et de leurs défauts : « Il faut choisir d’aimer les femmes ou de les connaître : il n’y a pas de milieu. »
Il ne faut pas ne savoir vivre qu’avec ceux qui peuvent nous apprécier mais il faut ne placer le fond de sa vie habituelle qu’avec ceux qui peuvent sentir ce que nous valons.
Le genre humain, mauvais de sa nature, est devenu plus mauvais que la société. Chaque homme y porte les défauts : 1/ de l’humanité 2/ de l’individu 3/ de la classe dont il fait partie dans l’ordre social.
On souhaite la paresse d’un méchant et le silence d’un sot.
Qu’est-ce qu’un philosophe ? C’est un homme qui oppose la nature à la loi, la raison à l’usage, sa conscience à l’opinion, et son jugement à l’erreur.
Je ne conçois pas de sagesse sans défiance. L’écriture a dit que le commencement de la sagesse était la crainte de Dieu moi, je crois que c’est la crainte des hommes.
L’importance sans mérite obtient des égards sans estime.
L’honnête homme, détrompé de toutes les illusions, est l’homme par excellence.
La générosité n’est que la pitié des âmes nobles.
Le plus riche des hommes, c’est l’économe, le plus pauvre, c’est l’avare.
Il faut savoir faire les sottises que nous demande notre caractère.
La vie contemplative est souvent misérable. Il faut agir davantage, penser moins, et ne se pas regarder vivre.
On fait quelquefois dans le monde un raisonnement bien étrange. On dit à un homme, en voulant récuser son témoignage en faveur d’un autre homme : C’est votre ami. Eh ! morbleu, c’est mon ami, parce que le bien que j’en dis est vrai, parce qu’il est tel que je le peins. Vous pr…
L’homme, dans l’état actuel de la société, me paraît plus corrompu par sa raison que par ses passions.
Les passions font vivre l’homme la sagesse le fait seulement durer.
Les succès produisent les succès, comme l’argent produit l’argent.
Vivre est une maladie dont le sommeil nous soulage toutes les treize heures. C’est un palliatif. La mort est le remède.
Les gens du monde ne sont pas plutôt attroupés, qu’ils se croient en Société.
Qu’est-ce que la société, quand la raison n’en forme pas les nœuds, quand le sentiment n’y jette pas d’intérêt, quand elle n’est pas un échange de pensées agréables et de vraie bienveillance ? Une foire, un tripot, une auberge, un bois, un mauvais lieu et des petites-maisons c…
Vivre est une maladie dont le sommeil nous soulage toutes les treize heures. C’est un paliatif. La mort est le remède.