Aucun livre ne peut nous sauver de notre vie. Aucune parole ne sait recueillir ces éclats qui nous reviennent et nous élancent, empêchant le soir de descendre, la paix de venir. Il n’y a pas de consolation, puisque tout nous blesse et que rien ne nous fait mourir. Il n’y a que les choses devant nos yeux et la lumière sur ces choses. Il n’y a que ces araignées d’eau que je regarde filer sur la soie d’un étang, fragiles, avançant par saccades comme sous l’accès d’une pensée sans cesse interrompue, sans cesse reprise, inventant la légèreté d’une voie entre les deux éternités massives de l’air et de l’eau.

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Aucun livre ne peut nous sauver de notre vie. Aucune parole ne sait recueillir ces éclats qui nous reviennent et nous élancent, empêchant le soir de descendre, la paix de venir. Il n’y a pas de consolation, puisque tout nous blesse et que rien ne nous fait mourir. Il n’y a que les choses devant … Lire la suite­­

14 juillet. – Fête de la république. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit Amuse toi. Il s’amuse. On lui dit Va te battre avec le voisin. Il va se battre. On lui dit Vote pour l’Empereur. Il vote pour l’Empereur. Puis on lui dit Vote pour la République. Et il vote pour la République.

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14 juillet. – Fête de la république. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit Amuse toi. Il … Lire la suite­­